Non, la certification ISO 50001 n’est pas obligatoire. Il s’agit d’une démarche volontaire permettant aux organisations d’optimiser leur management de l’énergie et d’améliorer durablement leur performance énergétique. En revanche, elle est fortement conseillée pour faciliter le respect de certaines exigences réglementaires, valoriser sa démarche RSE ou accéder à certains dispositifs d’aide financière.
ISO 50001 : mesurer la consommation et la qualité de l’énergie dans l’industrie
EN RÉSUMÉ
La norme internationale ISO 50001 aide les entreprises et organisations publiques à piloter leur performance énergétique selon une logique d’amélioration continue.
Pour mesurer la consommation et la qualité de l’énergie dans l’industrie afin de répondre aux exigences de cette norme, il est notamment nécessaire d’installer un système de sous-comptage communicant, relié à un système de gestion centralisé. Les données collectées permettent d’identifier les équipements les plus énergivores, de détecter les anomalies et de mesurer l’efficacité des actions mises en place.
L’installation d’analyseurs de réseau est également utile pour surveiller la qualité du réseau électrique. Il est aussi conseillé d’adopter des outils de reporting et de réaliser des audits énergétiques périodiques.
En France, l’industrie est responsable de 18 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, selon le Ministère de la Transition écologique. Et d’après les données rapportées par l’Insee, la facture énergétique, hors matières premières, de l’industrie s’élève à 17,3 milliards d’euros.
Pour aider les entreprises industrielles à réduire l’empreinte carbone de leur activité, à alléger leurs coûts et à optimiser la performance énergétique de leurs bâtiments, la norme ISO 50001 est un référentiel incontournable.
Lettel revient ici sur les solutions à déployer pour mesurer la consommation et la qualité de l’énergie dans l’industrie afin de répondre aux exigences ISO 50001.
Qu’est-ce que la norme ISO 50001 ? Grands principes et exigences
La norme NF EN ISO 50001 est une référence internationale élaborée par l’Organisation internationale de normalisation, qui définit les exigences d’un système de management de l’énergie (SMÉ).
À qui s’adresse la norme ISO 50001 ?
des entreprises certifiées ISO 50001 sont issues du secteur industriel
Quelles sont les exigences de la norme ISO 50001 ?
La norme ISO 50001 repose sur le principe d’amélioration continue, à travers le cycle PDCA (Plan, Do, Check, Act), soit planifier, réaliser, vérifier et agir. Elle s’appuie également sur l’analyse des consommations énergétiques afin d’identifier les pistes d’amélioration. La norme définit ainsi plusieurs exigences visant à améliorer et à piloter durablement la performance énergétique :
1. Définir une politique énergétique
Formaliser les engagements de l’organisation en matière de maîtrise de l’énergie, d’amélioration continue et de conformité réglementaire.
2. Réaliser une revue énergétique
Analyser les consommations d’énergie, identifier les principaux usages (machines, bâtiments, procédés industriels…) et repérer les opportunités d’amélioration.
3. Établir une situation de référence
Fixer un point de comparaison énergétique qui permettra de mesurer les progrès réalisés au fil du temps.
4. Mettre en place des indicateurs
Suivre l’évolution des consommations et de l’efficacité énergétique grâce à des indicateurs de performance dédiés.
5. Définir des objectifs et un plan d’action
Fixer des objectifs mesurables et préciser les moyens à déployer, les responsabilités et les échéances à respecter.
6. Mesurer et surveiller les performances
Suivre régulièrement les consommations d’énergie à l’aide de systèmes de mesure adaptés.
7. Former et sensibiliser les équipes
Sensibiliser les collaborateurs aux enjeux énergétiques et les former aux bonnes pratiques de gestion de l’énergie.
8. Intégrer l’énergie dans les achats et la conception
Prendre en compte l’impact énergétique lors de l’acquisition d’équipements, de services ou de la conception de nouveaux produits et procédés.
9. Réaliser des audits internes périodiques
Vérifier que le système de management de l’énergie est appliqué correctement et conformément aux exigences de la norme.
10. Assurer l’amélioration continue
Analyser régulièrement les résultats, corriger les écarts constatés et déployer de nouvelles actions pour améliorer en permanence la performance énergétique.
L’ISO 50001 ne fixe pas de seuil de consommation particulier à atteindre. Elle définit surtout les grandes lignes directrices à suivre pour réduire sa consommation d’électricité et renforcer sa performance énergétique.
Pourquoi s’engager dans une démarche de certification ISO 50001 en tant qu’entreprise industrielle ?
Réduire ses coûts énergétiques
Répondre aux exigences réglementaires et anticiper les évolutions
Réduire l’empreinte carbone des sites de production
Améliorer la performance énergétique des équipements et procédés
Identifier les sources de gaspillage et les économies possibles
Renforcer sa stratégie RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises)
d’économies d’énergie réalisées en moyenne par an grâce à la démarche ISO 50001
Source : étude AFNOR, 2024
Quelles solutions pour mesurer la consommation et la qualité de l’énergie dans l’industrie ?
Pour répondre aux exigences de la norme ISO 50001, une entreprise industrielle doit être capable de mesurer, suivre et analyser ses consommations énergétiques de manière précise et continue. Le but est de comprendre où, quand et comment l’énergie est consommée, afin d’identifier les pistes d’amélioration.
Installer un système de sous-comptage
Pour suivre la consommation énergétique de son site industriel, il est indispensable d’installer un système de sous-comptage communicant, aussi appelé comptage divisionnaire.
Les sous-compteurs s’installent en aval du compteur principal de façon à suivre chaque poste individuellement : une machine (machine-outil, compresseur industriel, chaudière industrielle, robot, four industriel, pompe…), un équipement (moteur électrique, système de ventilation, compresseur d’air…), une ligne de production, un atelier…
Le sous-compteur doit être communicant, c’est-à-dire connecté à un protocole de communication adapté (type Modbus, M-Bus, LoRaWAN…), et relié à un système de gestion centralisé ou à un logiciel de management de l’énergie. De cette façon, les données de consommation sont transmises automatiquement, en temps réel.
Les avantages d’un système de comptage divisionnaire communicant :
Identifier les postes énergivores
Repérer les usages, procédés et comportements qui consomment le plus d’énergie.
Détecter les anomalies
Repérer dès qu’elles surviennent une surconsommation, une dérive ou un arrêt soudain.
Suivre l’évolution en temps réel
Visualiser vos consommations en continu ou sur des périodes données.
Visualiser la répartition
Disposer d’une vision détaillée des consommations sur l’ensemble du site industriel.
Réduire les coûts énergétiques
Optimiser l’utilisation des équipements pour diminuer la facture d’énergie.
Clarifier vos engagements
Formaliser vos objectifs en matière de performance énergétique.
Spécialiste de la mesure électrique, Lettel propose une gamme complète de compteurs divisionnaires communicants et de solutions de mesure multi-départs adaptés à tous types de sites industriels.
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Mettre en place un système de gestion centralisé
Pour suivre et exploiter les données collectées par les sous-compteurs communicants, il est également essentiel d’installer un système de gestion de l’énergie. Cette plateforme rassemble l’ensemble des données provenant des compteurs divisionnaires et autres solutions de mesure installés sur le site.

Avec un système de gestion adapté, vous suivez la performance énergétique de votre entreprise industrielle en temps réel, par heure et par zone ou équipement, depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Certains logiciels vous permettent notamment d’être alerté en cas d’anomalie ou d’incident, de contrôler les équipements et installations électriques à distance, et de générer automatiquement des rapports et documents nécessaires à l’obtention de la certification ISO 50001.
Un tel système est également indispensable pour répondre aux autres exigences de cette norme internationale. Il vous permettra notamment de clarifier vos objectifs d’amélioration de la performance énergétique et de définir une ligne de base servant de référence pour mesurer les progrès à moyen et long terme.
Installer des analyseurs de réseau électrique
Outre le suivi de la consommation d’électricité, il est également essentiel de mesurer la qualité de l’énergie, qui joue un rôle clé dans la performance industrielle. En effet, une alimentation électrique dégradée peut entraîner des pertes de rendement, des arrêts de production ou encore une usure prématurée des équipements industriels.
Adopter des outils de suivi et de reporting énergétiques
La norme ISO 50001 repose sur une logique d’amélioration continue. Il est donc impératif de s’équiper d’outils adaptés pour suivre régulièrement les progrès réalisés. Les logiciels de gestion de l’énergie permettent par exemple de créer des tableaux de bord personnalisés avec les principaux indicateurs de performance énergétique et de visualiser les consommations, les coûts énergétiques et les gains obtenus grâce aux actions correctives mises en place.
Principaux indicateurs de la performance énergétique à suivre sur un site industriel :
Consommation totale d’énergie
La consommation totale d’énergie du site, exprimée en kWh, MWh ou GWh.
Consommation par atelier
La consommation d’électricité par atelier, ligne de production, procédé ou équipement industriel.
Coût énergétique par produit
Le coût énergétique rapporté à chaque produit fabriqué sur le site.
Taux d’utilisation des équipements énergivores
Le niveau d’utilisation réel des équipements les plus consommateurs d’énergie.
Facteur de puissance
Le facteur de puissance des installations électriques.
Disponibilité des équipements
Le taux de disponibilité des équipements de production.
Anomalies énergétiques
Le nombre et la fréquence des anomalies énergétiques détectées.
Économies d’énergie réalisées
Les économies générées grâce aux actions d’amélioration mises en œuvre.
Progression de la performance énergétique
Le suivi de la consommation dans le temps au regard des objectifs ISO 50001.
Effectuer des audits énergétiques périodiques
Au-delà d’un suivi régulier de la consommation et de la qualité du réseau électrique, il est également nécessaire, pour se conformer à la norme ISO 50001, de réaliser des audits énergétiques périodiques. Ces analyses permettent d’obtenir une vision approfondie du fonctionnement des installations et de détecter des sources de gaspillage parfois imperceptibles dans les données du quotidien.
L’audit énergétique doit porter sur :
Les procédés industriels
L’ensemble des process de fabrication consommateurs d’énergie sur le site.
Équipements et installations électriques
Les machines, moteurs et installations électriques du site.
Comportements et usages énergétiques
Les pratiques quotidiennes des équipes influant sur la consommation.
Isolation thermique du bâtiment
La qualité de l’enveloppe thermique et son impact sur les déperditions.
Production de chaleur et de froid
Les systèmes de chauffage, de production de froid et leur rendement.
Réseaux d’air comprimé, de vapeur ou d’eau glacée
Les réseaux de fluides et leur efficacité énergétique.
Systèmes de ventilation, chauffage et climatisation (CVC)
Les installations CVC et leur contribution à la consommation globale.
Éclairage des bâtiments et zones de production
Les installations d’éclairage intérieures et extérieures du site.
Pertes énergétiques
Les pertes liées aux temps d’arrêt, aux fuites ou aux dysfonctionnements.
Déployer des actions d’amélioration de la performance énergétique
Plusieurs actions permettent d’améliorer la performance énergétique d’un site industriel : remplacer les équipements énergivores par des modèles plus performants, installer des variateurs de vitesse sur les moteurs électriques pour adapter leur consommation aux besoins réels, ou encore optimiser le fonctionnement des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC).

La performance énergétique passe également par la réparation des équipements défaillants, l’amélioration de l’isolation thermique des bâtiments, des réseaux et des équipements, ainsi que l’optimisation des horaires de fonctionnement des installations et des lignes de production.
Des actions simples peuvent également limiter les consommations, comme programmer l’allumage et l’extinction de l’éclairage en fonction des périodes d’occupation, réduire le niveau d’éclairage à certaines heures ou arrêter automatiquement les équipements lorsque leur mise à l’arrêt est compatible avec les contraintes du procédé. Le remplacement des systèmes d’éclairage par des LED permet également de réduire les consommations.
Enfin, la maintenance préventive et la sensibilisation des collaborateurs aux bonnes pratiques énergétiques contribuent à inscrire ces actions dans la durée. Selon les possibilités du site, l’intégration de sources d’énergie renouvelable, comme le photovoltaïque peut compléter cette démarche.
Questions fréquentes
Une organisation peut, quels que soient son secteur d’activité et sa taille, s’engager dans une démarche ISO 50001 dès lors qu’elle souhaite améliorer la maîtrise de ses consommations d’énergie, réduire ses coûts d’exploitation ou renforcer sa stratégie RSE. Cette certification est particulièrement pertinente lorsque les dépenses énergétiques représentent un poste important ou dans le cadre d’obligations réglementaires et d’objectifs de décarbonation.
Oui. La norme ISO 50001 est une norme internationale publiée par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et reconnue dans le monde entier. Elle établit un référentiel commun qui permet aux organisations de démontrer leur engagement en faveur de la performance énergétique, quel que soit leur secteur d’activité ou leur implantation géographique. Elle s’inspire d’ailleurs des normes et bonnes pratiques développées dans différents pays tels que les États-Unis, la Chine, la Suède, le Danemark, l’Irlande, les Pays-Bas…
