Un compteur général mesure la consommation totale d’un bâtiment, sans distinguer les usages ni les zones. À l’inverse, un compteur divisionnaire permet, comme son nom l’indique, de diviser les consommations par zone, par usage ou par équipement. Cela offre une meilleure visibilité sur les postes énergétiques individuels et d’identifier avec précision les sources de surconsommation, les dérives ou encore les anomalies. Il s’agit donc d’un dispositif essentiel pour maximiser la performance énergétique et réduire les coûts d’exploitation de son bâtiment tertiaire.
Comment concevoir un système de comptage divisionnaire communicant dans un bâtiment tertiaire ?
Immeuble de bureaux, hôpital, magasin, restaurant… Quelle que soit la nature de l’activité tertiaire, l’installation de compteurs divisionnaires communicants est un véritable prérequis pour renforcer la performance énergétique du site, assurer sa conformité réglementaire et réduire ses coûts d’exploitation.
Comment fonctionne cette solution de mesure ? Pourquoi l’installer ? Et comment la mettre en place ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour concevoir un système de comptage divisionnaire communicant fiable, performant et adapté à votre bâtiment tertiaire.
Qu’est-ce qu’un système de comptage divisionnaire communicant ?
Un système de comptage divisionnaire communicant est un dispositif visant à mesurer, analyser et transmettre les consommations énergétiques de plusieurs circuits individuellement et ce, de manière automatisée.
Contrairement à un compteur général, qui fournit une vision d’ensemble de la consommation globale du site, le compteur électrique divisionnaire, aussi appelé sous-compteur, permet de segmenter la consommation globale en plusieurs sous-ensembles comme, par exemple, la consommation par zone, par usage ou par équipement.
Par zone :
Étages, bureaux, espaces communs, cuisine, chambres d’hôtel, locaux techniques…
Par usage :
CVC (chauffage, ventilation, climatisation), éclairage intérieur ou extérieur, eau chaude sanitaire…
Par équipement :
Prise de courant, borne de recharge pour véhicule électrique, pompe à chaleur, chauffe-eau, équipements bureautiques, ascenseur…
Le compteur divisionnaire s’installe en aval du compteur d’électricité principal, à chaque départ de circuit. Il mesure, pour chaque ligne électrique, les données suivantes :
Consommation
En kilowattheures (kWh)
Puissance
Active et réactive (kW / kvar)
Facteur de puissance
Indicateur d’efficacité énergétique
Tension & Intensité
Tension (V) et intensité (A) par phase
Index horodatés
Relevés de consommation avec date et heure
Historique
Consommation par période (jour, mois, année)
On parle d’un système “communicant” car il intègre des technologies de transmission de données. Ce type de compteurs est ainsi capable d’envoyer automatiquement les informations de consommation électrique vers un système de gestion technique du bâtiment (GTB) ou de gestion technique centralisée (GTC), sans nécessiter de relevés manuels.
Pourquoi installer un système de comptage divisionnaire communicant dans son bâtiment tertiaire ?
L’installation d’un système de comptage divisionnaire communicant au sein d’un bâtiment tertiaire présente de nombreux avantages, à la fois sur le plan réglementaire, financier et énergétique.
Garantir la conformité réglementaire de son bâtiment tertiaire
Mettre en place un système de comptage divisionnaire communicant dans son bâtiment tertiaire répond tout d’abord à des exigences réglementaires. En effet, le décret tertiaire et le décret BACS imposent aux gestionnaires de bâtiments tertiaires (bureaux, commerces, hôpitaux, hôtels, écoles, aéroports, etc.) de suivre et de déclarer leurs consommations énergétiques avec fiabilité et précision.

Pour rappel, le Dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET), ou décret tertiaire, concerne tous les bâtiments à usage tertiaire publics ou privés dont la surface de plancher est supérieure ou égale à 1 000 m². Il a vocation à réduire progressivement, par rapport à une année de référence fixée au plus tôt en 2010, la consommation énergétique de :
- 40 % d’ici 2030
- 50 % d’ici 2040
- 60 % d’ici 2050
Les propriétaires et preneurs à bail sont tenus de déclarer chaque année leurs consommations énergétiques avant le 30 septembre sur la plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME.
Pour en savoir plus, consultez notre article :
Décret Tertiaire : définition, objectif et application

Issu du décret tertiaire, le décret BACS (Building Automation and Control System) impose quant à lui aux propriétaires de bâtiments tertiaires d’installer des systèmes d’automatisation et de contrôle énergétique sur leur site. Sont concernés les bâtiments dont la puissance nominale des systèmes CVC dépasse 290 kW (échéance : 1er janvier 2025) ou 70 kW (échéance : 1er janvier 2027).
Le système installé doit permettre de suivre, enregistrer et analyser les consommations en temps réel, de détecter les anomalies, d’optimiser automatiquement les équipements (chauffage, climatisation, ventilation, éclairage, eau chaude sanitaire…), de conserver les données pendant 5 ans et d’être interopérable via des protocoles ouverts comme Modbus.
Pour en savoir plus, consultez notre article :
Comprendre le Décret BACS
Optimiser la performance énergétique de son bâtiment tertiaire
Pour surveiller et optimiser la performance énergétique de son bâtiment tertiaire, l’installation de sous-compteurs communicants est indispensable.
L’analyse des données collectées pour chaque unité permet en effet d’identifier précisément les sources de surconsommation et les éventuelles dérives. Par exemple : des équipements laissés sous tension inutilement, un éclairage allumé en dehors des horaires de service ou encore un appareil trop énergivore…
Des actions correctives ciblées peuvent alors être déployées pour optimiser la performance énergétique du bâtiment tertiaire. Par exemple : optimiser les réglages des installations CVC selon l’occupation réelle ; remplacer les luminaires par des LED moins consommatrices ; installer des détecteurs de présence pour l’éclairage ; éteindre automatiquement les équipements en veille…
Bien plus qu’un simple outil de mesure, le système de comptage divisionnaire est donc un véritable outil d’aide à la décision pour renforcer durablement la performance énergétique de son site.

Réduire les coûts d’exploitation de son bâtiment tertiaire
Le compteur divisionnaire communicant offre une vision granulaire des dépenses énergétiques du bâtiment, en temps réel et de façon continue. Intégré à un système GTB ou GTC, il permet de réagir rapidement en cas de consommation excessive, de réduire les gaspillages énergétiques et d’optimiser les usages poste par poste et ce, de façon entièrement automatisée… Autant de leviers qui contribuent directement à réduire la facture d’électricité du bâtiment tertiaire.
Prolonger la durée de vie de ses équipements
Un suivi précis des consommations de chaque équipement ou installation permet également de détecter les anomalies en temps réel (telles qu’un pic de consommation inattendu, une baisse de rendement progressive ou encore l’usure prématurée d’un équipement ou d’une machine…) et de les corriger le plus en amont possible. Cette maintenance prédictive vous permet d’éviter les pannes coûteuses, de prolonger la durée de vie de vos installations mais aussi d’assurer la continuité opérationnelle de votre activité tertiaire.
5 étapes pour concevoir un système de comptage divisionnaire communicant dans son bâtiment tertiaire
Voici 5 étapes clés pour concevoir un système de comptage divisionnaire communicant au sein de son bâtiment tertiaire :
1. Réaliser un audit énergétique
Avant tout, il est impératif de réaliser un état des lieux précis du bâtiment tertiaire et des tendances de consommations électriques.
L’objectif est de comprendre comment l’énergie est utilisée et quels sont les postes les plus consommateurs.
Il faudra notamment analyser :
Consommations
Globales et leur évolution dans le temps
Dérives
Détection des anomalies
Répartition
Consommations par usage
Équipements
CVC, éclairage et leur performance énergétique
Bâtiment
Isolation, surface, orientation, matériaux, enveloppe thermique…
Installations
Tableaux électriques, état et ancienneté des installations, accessibilité…
Usages
Comportements des utilisateurs
Cette étape initiale est indispensable pour identifier les zones ou équipements à surveiller en priorité et concevoir un système de comptage adapté aux usages et besoins réels.
2. Définir le plan de comptage
Après la phase de cadrage, il convient de construire un plan de comptage, visant à déterminer quels points de mesure devront être installés, à quels endroits et dans quel but.
Dans certains cas, il sera pertinent de suivre les consommations par zone (étage, aile, lot, espaces communs, hall d’accueil ou cuisine…), tandis que pour d’autres activités tertiaires, le suivi par usage ou par équipement sera plus adapté.
Le plan de comptage doit définir les circuits à surveiller, leur niveau de granularité et la fréquence de relevé. Il servira de feuille de route pour le choix et le positionnement des compteurs.
3. Choisir les équipements de comptage divisionnaire
Une fois le plan de comptage défini, il vous faudra sélectionner les modèles de compteurs divisionnaires adaptés. Cette étape est décisive. En effet, le choix du matériel va impacter la facilité d’installation, la fiabilité des mesures ainsi que la durée de vie du dispositif.
Voici les principaux critères à prendre en compte dans le choix de vos compteurs divisionnaires :
- Les caractéristiques du réseau électrique (monophasé ou triphasé ; puissance et intensité…) ;
- Le niveau de précision de mesure attendu ;
- La facilité d’installation ;
- La robustesse et la durabilité du matériel ;
- L’évolutivité du système ;
- Les fonctionnalités de communication ;
- Le coût global.
Privilégiez des équipements certifiés et interopérables, compatibles avec les protocoles de communication les plus courants. Par ailleurs, si vous devez refacturer l’électricité (à des locataires au sein d’un immeuble de bureaux par exemple), le compteur doit impérativement être certifié MID.
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Attention également à bien choisir le protocole de communication, qui va permettre aux sous-compteurs de transmettre les données vers un système de supervision énergétique tel qu’une GTB ou une GTC.
Le choix du protocole de communication dépend notamment de la configuration du bâtiment, de la distance entre les points de mesure, des contraintes d’installation, du niveau d’interopérabilité souhaité, de la compatibilité avec votre GTB ou GTC, mais aussi des exigences réglementaires applicables à votre bâtiment tertiaire.
Voici les principaux protocoles de communication pour des compteurs divisionnaires :
Modbus RTU/TCP est un protocole ouvert, fiable et très répandu, il est très facile à mettre en place et largement compatible.
Le protocole M-Bus (Meter-Bus) est conçu spécifiquement pour le comptage énergétique (énergie, eau, gaz…), il permet de connecter plusieurs compteurs sur un même réseau filaire.
LoRaWAN est une solution sans fil longue portée, à privilégier en cas de rénovation ou dans les bâtiments difficiles à câbler.
Protocole standard en GTB (gestion technique du bâtiment), BACnet facilite l’interopérabilité entre différents équipements et systèmes.
Protocole utilisé en automatisation du bâtiment, KNX permet de centraliser les données et de piloter différents équipements (éclairage, CVC…).
MQTT est un protocole léger très utilisé avec les passerelles IoT, il offre une transmission sécurisée et efficace des données vers des plateformes cloud.
4. Installer le système de comptage divisionnaire
Les sous-compteurs sont généralement installés dans les tableaux électriques, sur un rail DIN, directement en aval du disjoncteur alimentant le circuit à mesurer.
Avant toute intervention, il est impératif de mettre l’installation hors tension afin de garantir la sécurité des intervenants. L’installation doit idéalement être réalisée par un électricien qualifié, notamment dans les bâtiments tertiaires équipés d’installations électriques complexes.
Il convient également de vérifier la cohérence avec le plan de comptage défini en amont et d’assurer la qualité du câblage ainsi que l’accessibilité des équipements pour la maintenance. Pensez aussi à identifier les différents points de mesure à l’aide d’un étiquetage.
Enfin, dans le cas d’un système communicant, il est nécessaire d’assurer le raccordement au réseau de communication, filaire ou sans fil, pour remonter les données vers le système de supervision.

5. Mettre en place un système de supervision énergétique
Pour être en mesure d’exploiter les données collectées par le système de comptage, il est indispensable d’installer un système de supervision énergétique tel qu’une GTB, une GTC ou un logiciel dédié.
Cet outil centralise les données et les organise sous forme de graphiques, de tableaux de bord, de courbes et de rapports. Il offre ainsi une lecture rapide et simplifiée des historiques de consommation et des usages par période, heure, zone, équipement…
Depuis cette interface, vous suivez l’évolution de la consommation, repérez les éventuels dysfonctionnements ou anomalies et mesurez l’impact des actions correctives. L’outil doit également permettre de contrôler ses installations électriques à distance, de déclencher une alerte en cas de dérive et d’automatiser des réglages de ses équipements pour améliorer l’efficacité énergétique du bâtiment.

Bien conçu et correctement exploité, ce système devient un véritable outil d’aide à la décision, au service de la réduction des coûts et de l’amélioration durable de l’efficacité énergétique.
Spécialiste de la mesure électrique, Lettel vous accompagne dans la conception, le dimensionnement et le déploiement de votre système de comptage divisionnaire communicant. De l’audit à la mise en service, bénéficiez d’une solution fiable, évolutive et adaptée à vos besoins.
Questions fréquentes
Le choix du protocole de communication dépend avant tout des spécificités du site, des exigences réglementaires, mais aussi de votre budget et de vos besoins en termes d’interopérabilité. Les protocoles filaires comme Modbus ou M-Bus sont fiables et adaptés aux installations fixes, tandis que les solutions sans fil comme LoRaWAN offrent plus de flexibilité, en cas de rénovation par exemple. Il est important d’évaluer la portée, la sécurité et la compatibilité du protocole de communication avec les systèmes existants avant de faire son choix.
Un compteur divisionnaire s’installe généralement dans le tableau électrique, en aval du compteur principal et du disjoncteur général. Il est positionné sur un rail DIN, directement sur le circuit que l’on souhaite mesurer. L’installation doit être réalisée au plus près du circuit concerné, afin de garantir une mesure précise et fiable. Attention, l’installation doit toujours être effectuée hors tension, de préférence par un électricien professionnel qualifié.